La psychiatrie nous ment

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Des juges en psychiatrie

THEPENIER Jean-Sylvestre 17 octobre 2011

Enfin les psychiatres ne pourront plus faire n’importe quoi.

Le Webmaster

Des salles de tribunal dans les hôpitaux psychiatriques

C’est une loi qui est passée inaperçue du grand public mais pas de ceux qui sont directement impactés. Les juges, les hôpitaux psychiatriques, les médecins l’ont prise de plein fouet. Une sacrée épine dans le pied au beau milieu de l’été. Depuis le 1 er août, les hospitalisations psychiatriques sous contraintes (1) sont surveillées de très près par la justice. Pas question « d’interner » une personne sans qu’elle donne son avis.
Et ce n’est plus le médecin seul qui est au chevet du malade mais un juge.
Car la justice est désormais présente au sein même des établissements. Les trois hôpitaux de l’agglomération lyonnaise (le Vinatier, Saint-Jean-deDieu et Saint-Cyr-au-Mont-d’Or), abrite depuis le 1 er août un tribunal. Une petite révolution, même si avant la loi du 5 juillet 2011, un patient pouvait contester son internement en saisissant un juge des libertés et de la détention (JLD). Aujourd’hui, le JLD siège à l’hôpital. Au Vinatier, le tribunal s’est installé dans les sous-sols du bâtiment de direction au rythme de deux audiences par semaine.

La porte s’ouvre sur une salle aux murs blancs. Une grande table, deux sièges rouges et derrière, une rangée de fauteuils blancs pour le public éventuel. La juge Isabelle Bloch s’installe avec sa greffière. Pas de décorum ni de robe : cela perturbe les malades. C’est sa troisième audience ici. « On était le dernier pays d’Europe à ne pas contrôler les hospitalisations ».
Les infirmiers font rentrer X, un agent de la SNCF. Il a voulu se jeter dans la Saône et son médecin l’a fait hospitaliser. « Vous êtes d’accord pour rester ici ? », interroge la juge. « Je subis mais c’est prématuré que je sorte ». Les médecins craignent qu’ils ne se sauvent de l’hôpital. X restera quelques jours, puis sera suivi en ambulatoire. Entre une vieille dame élégante. « Je suis là avec l’accord de mon neveu mais je pensais être en maison de retraite ». La dame chiffonne un sac en plastique et tient des propos confus. Les minutes passent. La juge la raisonne, son avocate aussi. La grand-mère ergote. L’infirmier s’impatiente : « Il faut l’arrêter sinon elle va continuer ».
A raison d’une quinzaine de malades par audience, le temps est compté. Suivent une institutrice dépressive, une alcoolique, des détenus qui ne comprennent pas ce qu’ils font devant un juge. Au terme de la journée, peu auront réclamé de quitter l’hôpital. Ils demandent un téléphone, des occupations, ils posent beaucoup de questions auxquelles ne peut pas répondre la justice. Ce jour-là, douze hospitalisations sur quatorze ont été maintenues par le JLD, les deux autres affaires ayant été renvoyées pour complément d’information.

(1) On distingue les hospitalisations à la demande d’un tiers (famille, proche) et les hospitalisations d’office sur décision du préfet quand la personne risque de causer des troubles à l’ordre public.

Comments (2)

  1. « Des juges en « psychiatrie »© » ? En voilà un beau titre, qu’il est croustillant à souhait ! Assisterions-nous là à un salutaire retour de bâton, par lequel certains juges formatés à se défausser sur la « psychiatrie »© se voient tout à coup acculés à vivre dans leur chair ce qu’ils auront fait vivre à d’autres : des « justiciables » rebelles à se prosterner devant quelqu’une de leurs décisions, par exemple ? (Notamment lorsque celle-ci aura été prise d’autorité, sans même voir ni entendre les dits « justiciables »… qui, de leur côté, n’auront mis les pieds ni dans une salle de tribunal plus traditionnelle ni dans un cabinet d’avocat en vue de les défendre. Rien de tel que la « psychiatrie »© pour essuyer ensuite les plâtres ; il suffit également de faire courir le bruit qu’un tel « a voulu se jeter » dans son fleuve local : c’est sa parole contre celle des juges et de leurs représentants !…)

    Mais nous nous égarons. Puisque, las : en lisant davantage que le titre, force est de constater que nous n’assistons point au salutaire retour de bâton, mais de toute autre chose. « Pas question « d’interner » une personne sans qu’elle donne son avis. » Waow : a priori, voilà plutôt une bonne nouvelle. Déjà, ça risque de faire tout drôle à des juges qui jugent une personne sans qu’elle donne son avis… ou que son avis -diffusé à distance puisque n’ayant pas mis les pieds dans leur tribunal- est qu’ils ne sont pas foutus de ne pas transgresser les lois qui les font bouffer : de fait, un tel avis vaut déjà son pesant de cacahuètes pour amener à la question « d’interner » une personne sans qu’elle donne son avis. Ensuite, ça risque encore de faire tout drôle à ces mêmes juges qui, à cause de cette « loi passée inaperçue du grand public », se retrouvent ainsi catapultés au cœur du sujet si l’on ose dire : dans l’enceinte même d’un merveilleux « hôpital »© « psychiatrique »©. En ce sens, oui : c’est une bonne nouvelle, dans la mesure où -matériellement et physiquement- ils sont bien obligés d’appréhender la réalité très concrète de ce genre d’endroit. Parce que c’est évidemment plus facile d’y expédier les autres à distance, d’un simple trait de plume certifié par greffier… tout ce petit monde ayant été « certifié » par l’ « expert »© que nous savons.
    http://psyche.sans.tain.over-blog.com/article-des-psys-et-des-betes-2-45100557.html
    C’est qu’ici on se retrouve dans le LIEU d’application des « expertises »©, n’est-ce pas : ça vous a tout de suite une autre tournure qu’un vague dossier parmi d’autres, dûment tamponné et tutti quanti.

    Donc, « depuis le 1er août, les « hospitalisations »© « psychiatriques »© sous contraintes sont surveillées de très près par la justice. » ( À lire au premier degré, bien sûr : au second degré, l’ironie se fait quelque peu grinçante…) « Et ce n’est plus le médecin seul qui est au chevet du malade mais un juge. » Ici, on voudrait faire du mauvais esprit que la première question qui surgit est la suivante : à part le costume et l’autorité de référence, c’est quoi la différence ? Ah oui, c’est vrai : c’est un « hôpital »© ! Donc, habituellement personne n’y juge personne : on y « soigne »©. (comme dirait AntiCharlatans : « eh eh ! »)

    « Car la justice est désormais présente au sein même des établissements. » Ça c’est un scoop… et une sacrée nouveauté, de surcroît. Ce qui veut donc bien dire que jusqu’ici, la justice n’était PAS présente au sein des établissements. Ici, on voudrait de nouveau faire du mauvais esprit qu’il ne faudrait pas beaucoup se forcer pour ricaner au sujet du caractère euphémique de cette phrase…

    « Une petite révolution, même si avant la loi du 5 juillet 2011, un patient pouvait contester son internement en saisissant un juge des libertés et de la détention (JLD). » Saisissant, en effet : entre nous soit dit, belle tartufferie que cette ancienne possibilité. Parce que nous sommes toujours à l' »hôpital »©, n’est-ce pas : non en prison. En taule, on vous confisque votre liberté de corps, et c’est tout. (De plus, sauf erreur judiciaire, c’est JUSTIFIÉ). À l' »hôpital »©, on vous confisque votre liberté de corps ET d’esprit… SANS que cela soit JUSTIFIÉ. (Oui, je sais : cette loi du 5 juillet 2011 se donne précisément pour tâche de JUSTIFIER le machin… après coup.) Pour en revenir momentanément à l’ancienne possibilité, il faut tout de même que le dit « patient »© aie l’esprit sacrément clair (et puissamment procédurier de surcroît !) pour s’engager dans ce parcours du combattant consistant à « contester son internement en saisissant un JLD » ! Ce qui dépend naturellement de la durée de son internement… comme de l’intensité des « soins »© subis. À qui veut-on faire croire qu’il soit alors en état de se lancer là-dedans ? Quelqu’un a-t-il des statistiques fiables au sujet de telles procédures, ayant été couronnées de succès… voire de solides sanctions prononcées contre des responsables (irresponsables) d’internement d’autrui ? Bonne chance à qui parviendra à mettre la main dessus !

    « Aujourd’hui, le JLD siège à l’hôpital. Au Vinatier, le tribunal s’est installé dans les sous-sols du bâtiment de direction au rythme de deux audiences par semaine. » Les SOUS-SOLS !!! À la cave, les juges ! Pourquoi ? Il y fait plus frais ? En attendant, c’est plutôt riche de symbole que l’on installe un tribunal dans des sous-sols. Et pas n’importe lesquels : ceux du bâtiment de DIRECTION… surtout pas ceux d’une UMD, par exemple. On veut bien être « chez » les « malades »©… mais pas trop près quand même (des fois qu’ils mordent ?). Et pas en surface non plus ; la justice oui, mais que cela reste discret, sans doute : dans ce genre de lieu, il y a beau temps qu’on en a perdu l’habitude…
    [ Interlude au commentaire, suggérant une explication rationnelle à l’installation d’un tribunal au sous-sol d’un « hôpital »© « psychiatrique »© : « C’est le directeur d’un asile « psychiatrique »© qui fait visiter son établissement. Alors, dit-il : au rez-de-chaussée, nous avons mis les fous inoffensifs ; au premier, les cas plus graves ; au deuxième, il y a les fous furieux ; et au 3ème, c’est mon bureau… » CQDF. Fin de l’interlude. ]

    « Pas de décorum ni de robe : cela perturbe les malades. » Précisons ici que l’interlude est clos : par conséquent, cette phrase ne fait pas partie de l’histoire drôle. Pourtant, si on voulait faire du mauvais esprit… franchement, est-ce que c’est un tel décorum qui risque de perturber des « malades »© ??? N’ont-ils pas par ailleurs des raisons AUTREMENT PLUS substantielles d’être « perturbés » ? Quand on vient de leur coller sur le dos trois ou quatre bagnoles de flics en uniforme, un fourgon ambulancier de pompiers et un 4X4 du SAMU local (manquerait plus que l’hélicoptère… si l’heure de vol n’était pas si onéreuse !), que tout ce petit monde -joliment manipulé de l’extérieur- s’est mis d’accord pour les jeter sans plus de procès dans ce cloaque en n’ayant strictement rien à cirer de leur avis, la belle attention que voilà que de ne pas vouloir les « perturber » par une atmosphère trop tribunalesque !!! (pour rimer avec grotesque…)

    Suivent deux exemples pris sur le vif (et à peine « orientés ») : un agent de la SNCF, une une vieille dame élégante. Comme par hasard, pas de rébellion excessive chez ces braves gens. Il est vrai que l’agent, lui, a VRAIMENT voulu se jeter dans le fleuve… mais ça marche aussi très bien lorsqu’on fait CROIRE aux forces énumérées un peu plus haut qu’un quidam « a voulu se jeter dans le fleuve » alors qu’évidemment il n’en est rien : ni de près ni de loin. Quoi qu’il en soit, le traitement est rigoureusement le même. Faudra pas trop lui parler de la « justice présente au sein même des établissements », au quidam : cela risque de l’agacer aux entournures…
    La vieille dame s’est crue « en maison de retraite » : ce qui n’a pas l’air de perturber grand monde autour d’elle. Pourtant, cela suggère pour le moins quelques ruses -et autres mensonges- à la clef afin d’étouffer toute méfiance de sa part. « L’infirmier s’impatiente » : pas très patient, pour un infirmier. (Il est vrai que l’infirmier est « infirmier »©, pas « patient »©…) De là à subodorer que les propos de la dame ne soient pas aussi « confus » que l’article le soutient avec une délectation mal dissimulée…
    « A raison d’une quinzaine de malades par audience, le temps est compté. » Ça c’est du travail à la chaîne : que ne ferait-on pas afin de se donner bonne conscience ? À propos, hors des sous-sols d’un bâtiment de direction, en surface et dans d’autres bâtiments adjacents, le temps n’est PAS compté : il est ARRÊTÉ ; une heure à l’intérieur vaut au moins un jour à l’extérieur. Mais cela, ça ne compte pas lorsqu’il faut traiter en sous-sol « une quinzaine de malades par audience ». Et bien « malades »©, hein : il faut que l’article reste crédible. « Une institutrice dépressive », « une alcoolique », « des détenus » : bref, toute la misère du monde. Ceci pour en arriver à cette somptueuse conclusion : « Au terme de la journée, peu auront réclamé de quitter l’hôpital. » On sent qu’on s’est retenu de justesse d’écrire : « Au terme de la journée, beaucoup auront tapé du pied, réclamant à cors et à cris de venir à « l’hôpital »© » !!! Peut-être bien que c’eût été un poil moins crédible ?
    « Ils demandent un téléphone, des occupations [ pour rappel, le temps est ARRÊTÉ… ], ils posent beaucoup de questions auxquelles ne peut pas répondre la justice. » Parce que même dans l’enceinte d’un « hôpital »© « psychiatrique »©, celle-ci se défausse allègrement sur l' »autorité » du lieu. D’autres également lui posent beaucoup de questions… auxquelles elle peut parfaitement répondre, puisque celles-ci relèvent de ses compétences propres. Le problème est qu’elle a parfois une bien étrange façon d’y répondre : en magouillant odieusement, de manière à ce que le questionneur se retrouve dans l’enceinte d’un « hôpital »© « psychiatrique »© alors que cette fois elle n’y est pas elle-même ! Il y a des questions qui la « perturbent », sans doute…
    http://placedeletape.wordpress.com/2011/10/07/une-grande-victoire-de-la-justice-larret-grouard-contre-fansolo-c-cass-6-octobre-2011/#comment-1234
    (com.3)

    Bref, désolé de refroidir ainsi un peu l’enthousiasme du webmaster. Mais le Progres.fr a encore de substantiels progrès (!) à accomplir s’il veut nous servir de cette soupe ! Attendu qu’à l’issue de leur article, les institutions (judiciaire et « médicale »©) se trouvent étrangement « JUSTIFIÉES »©, quasiment blanches comme neige -et les « malades »© de plus en plus « malades »© !- ça pue la grosse manip’ depuis l’agglomération lyonnaise jusqu’ici. Un peu « téléphoné », tout cela…

  2. AntiCharlatans 19 octobre 2011 at 1:05

    Moi je résume cet article de la façon suivante : la psychiatrie vous tue, mais vous n’avez pas tout perdu, vous avez quand même l’illusion de pouvoir vous défendre … tant que vous restez quand même dans ce système merdique. Bientôt, il vont offrir des bonbons :  » regardez comme on est gentils, même si on vous explose votre vie et votre santé, on vous offre des bonbons, un JDL  » … Etc Etc Etc … L’art de décorer l’abattoire. L’enfer de la mort, bien décoré, bien hypocrite … ressemblera à un paradis. Et on dira au « patient victime de la psychiatrie » :  » mais vous ne savez pas la chance que vous avez : maintenant, même si on vous tue, vous avez le droit à des JDL, des bonbons, du café, le droit de fumer votre clope, la télévision et vous pouvez même discuter avec vos amis les malades mentaux  » … Vivement une psychiatrie homéopathique non-criminelle. Mais il est à parier dans ce cas là la chose suivante : bon, maintenant vous etes contents d’avoir une psychiatrie non-criminelle ? Ok, eh bien maintenant, pour compenser, et pour refleter quand même notre caractère criminel, on vous supprime le JDL, les bonbons et le café pour la peine, bande de malades mentaux ! C’est pathétique … Mais bon d’ici à qu’ils suppriment l’allopathie criminelle et les electrochocs criminels ( les outils préférés des criminels en somme ) il y a du chemin … Car ils ne se supporteront pas le matin, devant leur glace :  » putain, aujourd’hui je dois aller au boulot pour soigner les patients homéopathiquement; putain, si j’avais su j’aurais choisit un autre métier, par exemple, égorger des moutons dans un abattoire, ca eusse été plus motivant !  » … ou bien  » putain, comment on va faire maintenant qu’ils ont remplacé les electrochocs et le poison allopathique, pour continuer à tuer les patients ? vu que maintenant avec les médicaments homéopathiques on ne peut plus le faire  » …
    Et le pire, ce n’est pas cela. Le pire, c’est que s’ils reconnaissent le caractère criminel des electrochocs et des poisons allopathiques, c’est un peu comme reconnaitre qu’ils ont passé 30 ans de leur vie à tuer des gens.  » houlala, si on reconnait cela, on va se faire attaquer en justice par tous les patients ayant été traités par nos poisons et par nos electrochocs et on va passer pour des criminels devant tout le monde; houalalala, vaut mieux rester aussi criminel que maintenant, en essayant de masquer cette criminalité en leur offrant des JDL et des bonbons dans les hopitaux pour faire croire qu’on est super gentils en fait  » … Comme quoi, une psychiatrie de tarés, essayera par tous les moyens ( décoratifs ou autres ) de rester tout aussi tarée. A bon entendeur …

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