Quand la psychiatrie confond cancer et…hystérie.

Les psychiatres ont fait des études, mais, mais si.

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« Mais la famille décide, en février 2006, d’aller au pénal contre le généraliste, le spécialiste et le psychiatre. Elle dénonce notamment une falsification des courriers échangés entre le généraliste et le spécialiste ».

Décès à l’hôpital Des familles dénoncent une justice bloquée.

Thierry Walter, le père de Maxime décédé en septembre 2008 au CHU de Strasbourg. Photo Jean-Marc Loos
Faut-il délocaliser les enquêtes judiciaires sur les accidents médicaux pour leur permettre d’aboutir ? Deux dossiers strasbourgeois posent la question.

Les parents de Maxime Walter ont dénoncé hier l’inertie judiciaire dans l’enquête concernant la mort de leur fils, admis aux urgences pédiatriques du CHU de Strasbourg-Hautepierre après une chute en vélo le dimanche 21 septembre 2008. L’adolescent de 15 ans était mort, deux jours plus tard, d’une hémorragie interne due à une fracture de la rate, et de multiples transfusions qui avaient détruit ses fonctions vitales, selon l’instruction.
« L’enquête préalable, précise M e Jean-Christophe Coubris, un des avocats de la famille, avait conduit à la mise en examen, en décembre 2009, du chirurgien de garde des urgences pédiatriques, pour homicide involontaire. Depuis, la plupart des mesures demandées par les parties civiles ont été rejetées par le magistrat instructeur. » Dont une contre-expertise, « jugée non nécessaire et pour laquelle nous venons de faire appel », demandée suite à un premier rapport d’experts rendu en décembre dernier, que les avocats contestent.
La famille de Maxime dénonce aussi des falsifications dans le dossier médical et des incohérences dans les témoignages du personnel de l’hôpital, en sous-effectif ce jour-là. « Le dimanche, de 13 h à 18 h, on est dans l’erreur médicale, la négligence, reprend M e Coubris. Le chirurgien de garde n’est pas là et décide de ne pas opérer, par téléphone. Après 18 h, quand il est dans le service, malgré l’état inquiétant de Maxime, il persiste dans ce choix pour masquer ses erreurs. »
Les parents de Maxime ne sont pas les seuls s’inquiéter de ce qu’ils appellent « un blocage judiciaire ».

Claudine Martin attend elle aussi la fin de l’enquête judiciaire concernant la mort de sa fille, Julie, morte en août 2003 à l’âge de 23 ans, d’un cancer généralisé qui n’avait pas été diagnostiqué.
Sa fille avait commencé à ressentir des douleurs dans le genou en décembre 2002. « Elle avait consulté, à maintes reprises, d’abord son généraliste, puis un spécialiste qui avaient demandé des radios du genou sans rien voir d’anormal », explique la mère. Au final, la jeune fille avait été orientée en psychiatrie où un psychiatre, par ailleurs expert judiciaire, avait diagnostiqué en juin 2003 une « conversion hystérique ».
Le 3 juillet, le cancer de Julie est enfin diagnostiqué, les métastases lui ayant rongé la hanche droite, provoquant une fracture. Elle mourra un mois plus tard. Ses parents ont porté plainte contre les médecins qui n’ont pas diagnostiqué la maladie « et qui ont pris à la légère les symptômes et surtout la souffrance extrême » de leur fille. La négligence est reconnue au civil.
Mais la famille décide, en février 2006, d’aller au pénal contre le généraliste, le spécialiste et le psychiatre. Elle dénonce notamment une falsification des courriers échangés entre le généraliste et le spécialiste. Et conteste que le généraliste ait demandé une scintigraphie osseuse. En 2009, le spécialiste est mis en examen pour homicide involontaire et faux et usage de faux. Mais le même magistrat instructeur que celui du dossier Maxime Walter refuse à la famille, en juillet 2011, une contre-expertise.
Aujourd’hui, la famille de Julie craint qu’un non-lieu ne vienne clore l’enquête. En 2008, elle avait demandé au procureur une délocalisation du dossier qui lui a été refusée à deux reprises. Une délocalisation pourtant bien nécessaire, selon les avocats de victimes, pour minimiser les conflits d’intérêts ou les pressions de toutes sortes pouvant s’exercer sur les magistrats.

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