Pourquoi j’attaque la psychiatrie

De nombreuses personnes m’ont demandé pourquoi j’étais si virulent dans mon site contre la psychiatrie et aujourd’hui je vais prendre la peine de vous répondre.

Dès mon plus jeune âge je fus assez turbulent et mes parents, pauvres parents, ne sachant plus quoi faire pour moi me confièrent aux psychiatres.
Turbulent je l’étais sans doute mais j’étais surtout un enfant qui demandait de la tendresse et qui trouvait à cette époque qu’il n’en avait pas assez, d’où cette tendance turbulente.

Mes parents n’étaient pas plus mauvais que les autres parents, ils cherchaient à faire du mieux possible mais évidemment ils avaient du mal à y arriver alors, je ne sais pas comment, ils me mirent entre les mains de divers psys. Quel fut le résultat? Eh bien pour illustrer cela je vais vous donner un exemple : j’avais huit ans environ et un soir alors j’étais couché, j’ai senti une énorme envie d’avaler des clous à trois pointes et je pris peur. Ne sachant que faire de cette nouvelle sensation qui m’était inconnue jusqu’alors, je me suis levé pour aller voir ma mère qui était dans le salon et je lui ai demandé si dans la famille il y avait eu des fous. Je ne me souviens plus de la réponse par contre je me souviens que je n’étais pas satisfait.

A la même époque j’écrivis le premier poème dont j’ai pu en retrouver la trace. Il est de la même veine que ma sensation écrite plus haut :

 » Un homme,
Un hôpital,
Une salle,
Un escalier,
Un couloir,
Une porte,
Une chambre,
Au fond de la chambre,
Une flaque de sang ».

Par la suite les évènements se sont accélérés et plus je me sentais mal et plus j’avais droit aux petites pilules de toutes les couleurs qui ont laissé des traces indélébiles dans mon corps, comme les tics qui secouent de temps en temps mon visage.
En désespoir de cause à 17 ans je me suis enfui de chez mes parents profitant de la période soixante huitarde et mon parcours psychiatrique ne fut que plus grand à cause des drogues de la rue que je prenais régulièrement.
Je ne peux pas réellement savoir si à cette époque c’est la drogue ou la psychiatrie qui m’a détruit mais je me souviens suffisamment bien de mes longs et nombreux passages dans les hôpitaux psychiatriques (trois ans) pour avoir vu, et vécu, que ce qui s’y passait était loin d’être normal.

Petit exemple pour étayer mes dires :
Lors de mon passage à l’hôpital psychiatrique de Cadillac, un psychiatre me fit faire le test des taches de rorschach. Le petit problème à cela c’est que j’étais sous LSD et le psychiatre, probablement aveugle, ne s’en est pas aperçu ; je ne vous explique pas quel fut le résultat de ce test bien sûr !

Je ne vous parlerai pas de la camisole de force à Sainte Anne où je crus devenir fou, et ce n’est pas un faible mot, ni de l’essai médicamenteux par le psychiatre Claude Olivenstein, dit Olive, à Villejuif qui me laissa cassé, horrifié et désespéré dans une pièce capitonnée, ni de cette petit phrase du même psychiatre qui au cours d’une conférence contre la toxicomanie, et juste après la projection d’un film voulant dénoncer les effets néfastes de la drogue, expliqua qu’il fallait malgré tout vivre sa petite vie misérable de tous les jours.
Je ne vous parlerai pas non plus des envies de suicide répétées lorsque je franchissais les portes d’un hôpital psychiatrique quelconque, ni des envies extrêmement fortes de me jeter sous une voiture ou par-dessus la rambarde d’un pont dès que les psychiatres m’autorisaient une petite sortie de quelques heures. Non, je ne vous le raconterai pas. Par contre si vous êtes intéressé, si vous désirez en savoir plus, j’ai écris mon histoire de cette période-là (que l’on peut trouver chez lulu.com sous le nom d’Henry Vergne) dont le titre est « Moi, un psychopathe, schizophrène, toxico, suicidaire ».

Si par la suite j’ai pu me sortir de tout ce fatras que fut ma vie pendant plus de 20 ans, ce ne fut pas grâce à la psychiatrie, loin de là mais plutôt grâce à des gens pleins d’amour et de courage comme Lucien Engelmajer. Certaines de ces personnes m’ont écouté, ont fait preuve de patience, de tolérance et m’ont redonné confiance en moi, surtout elles m’ont prouvé que rien n’était impossible. Ces hommes m’ont influé une force, une énergie, ou plutôt ont su me montrer que j’avais beaucoup de force en moi et que je n’avais plus qu’à l’utiliser.

Voilà un résumé succinct de mon vécu psychiatrique et vous comprendrez peut-être, je l’espère pour vous, que je ne souhaite à personne de vivre ce que j’ai vécu car 7 ans de drogues dures, 25 tentatives de suicide, 3 ans en psychiatrie avec consommation journalière de médicaments, 3 séjours en prison, 12 ans d’interdiction de séjour en Yougoslavie ne vous prépare pas normalement à un futur particulièrement beau ; si je dénonce à cors et à cris les crimes et les abus de la psychiatrie c’est bien pour que les clients de ces psychiatres criminels sachent à quoi s’en tenir et que les parents qui ont un enfant difficile sachent à leur tour que s’ils le mettent entre les mains d’un psychiatre ils en feront un homme ou une femme qui souffrira toute sa vie.

Chers amis voici donc une fois pour toutes le pourquoi du comment de mes attaques contre la psychiatrie, avide de pouvoir, et pourquoi ne n’aurai de cesse de les combattre tant qu’ils continueront de nous détruire sciemment.

Le Webmaster

 

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