Quand les psychiatres font grève.
21 juillet 2012 | No Comments »
C’est drôle mais dans cet article nous ne voyons pas les psychiatres demander que les patients ne soient plus attachés sur leur lit.
On ne les voit pas non plus demander qu’ils reçoivent moins de médicaments abrutissants. Non, juste qu’ils reçoivent des bouteilles d’eau d’Evian au lieu de l’eau du robinet. Et puis bien sûr que les repas des « soignants’ soient meilleurs !
Evidemment ils crient au charron aussi pour qu’il y ait plus de postes de psychiatres pour remplacer les vacanciers.
Ah! j’oubliais, les primes ne sont plus versées, c’est un scandale bien sûr. Mais qu’en est-il de la santé des patients, de leur abrutissement dû aux « soins » donnés par les psychiatres ? A ce sujet, rien, on n’en parle pas.
Le scandale n’est pas là où l’on croit qu’il est mais bien dans la manière dont les psychiatres traitent les gens.
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Hier, l’hôpital psychiatrique de Ville-Evrard, – planté à l’est de Paris, à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) -, était connu pour avoir accueilli longuement la sculptrice Camille Claudel, à la veille de la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui, c’est un conflit ubuesque entre un directeur et la majorité des psychiatres qui fait parler de ce lieu impressionnant, le plus grand hôpital psychiatrique de France. La quasi-totalité des psychiatres chefs de pôle vont annoncer prochainement leur démission. Et une pétition a été lancée avec des mots sans appel :«Nous demandons le départ du directeur qui gouverne seul par diktats et par oukases, en mettant la loi au service de sa brutalité et du mépris absolu des médecins.»
Politique. Diantre, que se passe-t-il ? Ubu contre Antigone ? «La nouvelle loi sur les hôpitaux avait un principe : un patron unique à l’hôpital. On voit le résultat quand le patron est nul et dangereux», lâche un médecin, chef de secteur. «Cela fait des années qu’il n’en fait qu’à sa tête, on n’en peut plus», dit un autre. Lui comme d’autres ont mille exemples de cette politique d’économies. «Par mesures d’économies, le directeur a interdit les bouteilles d’Evian dans les chambres d’isolement pour les malades, pour les remplacer par de l’eau courante», détaille une cadre de santé. Autre cas : les chiffonnettes destinées au ménage sont remplacées par des lingettes, à laver impérativement, avant de resservir.
Ou encore les repas, hier accordés aux infirmiers de nuit : ils sont remplacés par une collation et ceux pris dans le cadre des repas thérapeutiques sont désormais facturés aux agents. Et ainsi de suite : «Excusez la trivialité du propos, mais même les dépenses en serviettes hygiéniques pour les patientes isolées ne sont plus prises en charge», raconte une psychiatre.
Plus grave, selon les mêmes sources, chaque remplacement de poste vacant de psychiatre devient un problème : 22 postes de psychiatres ont été un temps gelés. «Les primes statutaires ne sont pas versées à tous les psychiatres, des dizaines de procédures sont en cours, écrivent les pétitionnaires. Les attaques contre les médecins sont incessantes et vont de l’attitude méprisante à la dénonciation calomnieuse réalisée avec la rédaction de fiches d’événement indésirable fausses.»
L’ambiance est détestable. Et depuis près d’un an, la commission médicale d’établissement (CME, qui réunit tous les médecins) est à l’arrêt. Le directoire – organe central de décision – est déserté par les représentants des médecins. «Attendez, j’ai un conflit avec un petit nombre de médecins, mais ils sont très peu», réagit Claude Dagorn, le directeur mis en cause, qui répète : «Je fais mon travail.»
«Pleine santé». Et il dresse un tout autre portrait de son hôpital : «La situation de l’établissement est avantageuse. Ville-Evrard est en pleine santé, avec 1,2 million d’euros d’excédent, pour un budget de 140 millions.» Claude Dagorn reconnaît la suppression des bouteilles d’Evian, «mais l’eau du robinet est très bonne», ironise-t-il. Il insiste :«Je ne suis pas en conflit avec la communauté médicale, mais avec ses représentants. Ce n’est pas vrai que je fais des économies sur le personnel. Nous avons 240 temps plein de psychiatres, un taux double du niveau national. Quant aux infirmiers, on a arrêté l’hémorragie.»
«On fait des économies, mais l’hôpital meurt», se lamente un pédopsychiatre. Un autre : «Quant à la façon dont le directeur traite le président de la CME, Francis Théodore, un psychiatre historique, c’est une honte pour nous tous.» Saisie, l’Agence régionale de santé reste prudente, se satisfaisant peut-être du bon état des comptes financiers.

