MEURTRE, EFFEXOR ET PSYCHIATRIE
21 mai 2009 | 1 Comment »
« l’individu de 30 ans souffrait de la maladie de Gilles de la Tourette et ses antécédents familiaux en matière de maladie mentale le fragilisaient aux effets paradoxaux de l’Effexor, »
L’avocat de Proulx plaide la non-responsabilité criminelle
(Québec) Le crime de Francis Proulx est odieux et sordide, mais il ne peut en être considéré criminellement responsable parce qu’il était atteint de troubles mentaux.
C’est un verdict en ce sens que l’avocat de l’accusé, Me Jean Desjardins, a demandé de rendre aux jurés. Ces troubles mentaux, a-t-il expliqué, résultent de la prise d’Effexor, un antidépresseur qui a induit un virage hypomaniaque et un syndrome orbito-frontal chez l’accusé.
Résultat : Proulx était incapable de s’empêcher de faire les gestes qui ont mené à la mort de Nancy Michaud. «Je vous demande de rendre un verdict qui respecte les règles de justice et de l’être», a laissé tomber Me Desjardins en concluant sa plaidoirie.
Personne ne l’a contesté, a-t-il souligné, l’individu de 30 ans souffrait de la maladie de Gilles de la Tourette et ses antécédents familiaux en matière de maladie mentale le fragilisaient aux effets paradoxaux de l’Effexor, ce médicament qui anéantissait son «système de prise de décision». S’il n’en avait pas consommé, il n’aurait pas commis ce «crime horrible, affreux et malheureux», a soutenu Me Desjardins.
«Il était incapable de décider rationnellement si ses actes étaient bons ou mauvais et il n’avait pas la capacité de décider s’il devait les faire, a soutenu l’avocat de Proulx. Il ne contrôlait pas ce qu’il faisait.»
Évidemment, de dire Me Desjardins, la question aurait été beaucoup plus facile si Proulx avait l’air «fou». Les différentes versions des événements qu’il a livrées prouvent en effet, selon l’avocat, que l’accusé connaît la distinction entre le bien et le mal et qu’il sait que ce qu’il a fait était mal.
Les changements paradoxaux de l’Effexor ont anéanti l’émotion chez Proulx. Ils l’ont amené, entre autres, à être plus irritable et plus agressif.
Poussés à l’extrême, ces changements ont provoqué le début de sa criminalité. Parce que c’est un solitaire, personne ne s’est rendu compte de ses changements comportementaux,a expliqué Me Desjardins en se disant d’avis que la situation est beaucoup plus complexe qu’un simple «désir de triompher», comme l’a décrit le psychiatre de la partie adverse.
Chez sa victime, d’ajouter l’avocat, Proulx a réagi à des stimuli, sans jugement. «Il n’avait jamais pensé abattre Nancy Michaud, même dans les minutes précédentes», a soutenu Me Desjardins. La manifestation du manque de jugement le plus total chez l’individu, d’estimer son avocat, est survenu lorsqu’il a réagi à ses menottes brisées plutôt qu’à la personne qu’il venait de tuer.
Comme sa consoeur de la poursuite, Me Desjardins s’est arrêté au mensonge du psychiatre Louis Morissette en demandant aux jurés de ne pas en faire souffrir Proulx. Le témoin expert, a-t-il ajouté, l’assumera sur le plan professionnel et, peut-être, sur le plan judiciaire, mais la crédibilité du psychiatre ne doit pas être entachée par ce fait.
En terminant, Me Desjardins a avisé les jurés que s’ils ne sont pas convaincus que l’accusé doit être déclaré criminellement non responsable, d’autres verdicts de responsabilité diminuée leur seront proposés.
effexor : bienvenu mais moi ça avait été prescrit par un médecin généraliste !!!